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Spotify, le nouveau business model

 

La conjoncture musicale actuelle évolue dans une période où il ne fait pas bon grandir. Megaplaud (RIP) n’est plus qu’un vague souvenir. Hadopi continu sa quête contre le téléchargement illégal. Anonymous contre-attaque et menace les dernières autorités présentent.

Pourtant, au milieu de ces terres, à priori arides, une société suédoise a su développer son activité et se positionner sur un marché qui fait maintenant office de transition, le streaming légal.

Le plus important portefeuille musical

Lancée en 2008, Spotify fait aujourd’hui parti des leaders du marché. La plateforme est présente en Europe et aux États-Unis et compte dans son portefeuille les enregistrements des différentes Majors et des principaux labels indépendants.

Facebook comme vecteur de croissance

Spotify, dans un souci d’ouverture à l’international, a soigneusement préparé son partenariat avec le plus connu des réseaux sociaux, Facebook. En effet, l’intégration progressive de la plateforme a pris près de 2 ans. Aujourd’hui, Spotify fait véritablement parti de l’univers Facebook. Ce partenariat a considérablement explosé le taux de croissance de la plateforme. En l’espace de quelques mois, le réseau à rapporter plus 7 millions d’utilisateur et près de 0,5 millions d’abonnées.

Selon le Financial Times (octobre 2011,ndr), Spotify comptait 2,5 millions d’abonnées à travers le monde. Aujourd’hui, la société est passée à plus de 3 millions et compte près de 15 millions d’utilisateurs.

Hadopi comme facteur situationnel

Mai 2011, Hadopi annonce que “les internautes déclarant un usage illicite sont surreprésentés dans la tranche d`âge 15-24 ans”. On remarque que les différentes restrictions mises en place contre le téléchargement illégal ont identifiés un cœur de cible, aujourd’hui client de Spotify. En effet, d’après Ken Parks, près de 50% des abonnés sont issus de cette segmentation.

Spotify fait donc office de nouvel eldorado du marché de la musique. Elle présente une offre très diversifiée, dans un emballage apprécié et utilisé de tous et répond aux besoins des aficionados de la musique, alors imputés de leurs moyens d’écoute.

La menace des labels indépendants

Ce business model n’est pas du goût de tous. En effet, un regroupement d’irréductibles labels indépendants s’oppose à la diffusion de ses enregistrements sur la plateforme. Beggars Group, fer de lance des labels indépendants, se dresse devant ces nouveaux géants de l’exploitation musicale (voir notre article du 12 avril 2012)


Acteurs de la nouvelle répartition économique

Avec le succès grandissant et la croissance exponentielle qu’affiche Deezer et Spotify, Beggars Group, regroupement de labels indépendants britanniques ( 4AD, Matador, Rough Trade et XL Recordings ) entend bien relancer le système de licence et redessiner le système de rémunération en place.

« Lorsque nous avons examiné les modèles du streaming, nous avons estimé qu’un partage à 50 / 50 sur le modèle des licences était la bonne chose à faire »

De fait, les labels ont toujours appliqué, une répartition des revenus, liés au streaming, équivalents aux normes contractuelles de la vente d’enregistrement, cumulés à des royalties allant de 12 à 20% en fonction des clauses contractuelles.

Cependant, le regroupement Britannique présente un fonctionnement différent avec une répartition jugée plus juste pour les artistes. Le directeur de la stratégie, Simon Wheeler, a récemment révélé à l’hebdomadaire anglais Music Week que les labels affiliés à la compagnie avaient opté pour un partage de 50% de cette nouvelle ressource financière avec les artistes.

Le système de licence

Les contrats des artistes contiennent des clauses relatives aux licences accordées à des tiers sur leurs enregistrements pour des exploitations secondaires, prévoyants des taux de rémunération de 50 % des sommes encaissées par le label au titre de ces exploitations.

« Si tous les labels retenaient ce principe, les revenus que les artistes tirent du streaming seraient multipliés par deux ou trois »

Le streaming est un canal qui s’est développé très rapidement et deviendra, si ce n’est pas déjà le cas, l’un des principaux canaux de distribution de la musique.

En guise de conclusion

Sean Parker, brillant homme d’affaires américain ( co-fondateur de Facebook, Napster et Plaxo ) estime que la conjoncture du marché de la musique évolue très rapidement et que les contrats actuels sont obsolètes. Ils doivent impérativement s’adapter aux nouveaux canaux de distribution.

En attendant, recentrons nous sur le cœur de métier de la compagnie, la musique !


« Why Always me ? »

En Décembre dernier, le rappeur indépendant anglais, Tinchy Stryder, avait publié un nouveau morceau, extrait de son nouvel EP, Wish List, intitulé “Mario Balotelli“. Titre évidemment dédié à l’exubérant footballeur italien. Le morceau reprend le « Why Always me ? » qu’avait fièrement arboré le buteur citizen lors de la rencontre face à Manchester United, le 23 octobre dernier.

 

Depuis, cette image a fait le tour du monde. Surfant sur la vague de ce buzz médiatique, les deux hommes ont décidé de s’associer et de sortir un T-shirt en collaboration avec Umbro, imprimé de la citation désormais culte.

 

Cette initiative a permis à Umbro de signer une nouvelle marque dans son portefeuille qui, saura séduire les nombreux fans à travers le monde du sulfureux footballeur et de son acolyte rappeur. Ils ont ainsi commencé leur opération de diversification. Les protagonistes ont su gérer la complémentarité de leurs  univers afin d’alimenter encore une fois le buzz.  Avec l’Angleterre, l’Italie, la surexposition médiatique de Manchester City et les frasques quotidiennes de Mario, le succès de la marque ne fait aucun doute. Jolie coup de pouce pour l’album de Tinchy!

Et si Mario Balotelli était en fait un véritable homme d’affaire ( qui l’eut cru ?! ) ?

Quoi qu’il en soit, on espère que le jeune homme continuera d’alimenter nos faits divers et nos weekends football de Premier League.

Pour la petite anecdote, Tinchy supporte Manchester United ( eh oui… que fait il avec Mario ? )


The Story So Far

Les Labels ont vu le jour parallèlement aux marchés musicaux. Globalement, jusqu’à la fin des années 20, le marché était très concentré et n’offrait que très peu d’opportunités aux labels indépendants, qui faisaient plus office d’exutoire social que d’acteur économique.

Suite à la crise économique de 1929 et la démocratisation de la radio, les maisons de disques changent de stratégie et se restructurent en intégrant les grandes chaînes de radio dans leur processus de promotion. Ce marché émergeant est alors dominé par les Majors: Columbia, Decca, EMI et Victor.

Les années 50 représentent une révolution majeure de l’environnement musical. Avec l’émergence du Rock’n'Roll, mouvement contestataire et indépendant, la jeunesse américaine s’invente sa propre culture, sur fond de conflit intergénérationnel.

Que serait cette New Way of Life sans un Héros à sa tête?

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